lundi 30 avril 2012

De l'eau pour les éléphants de Sara Gruen

Nombre de pages: 399
Auteur : Gruen Sara
Editions: Albin Michel
Challenges: Baby challenge littérature contemporaine, Big challenge n°47

Mon avis:
On suit deux histoires ou plutôt une histoire double , celle de Jacob Jankowski à 23 ans et à 90 ou 93 ans. Dès les premiers chapitres on entr'aperçoit la fin de l'histoire, un drame terrible, et on sait que Jacob vit vieux dans une maison de retraite. A l'occasion de la venue d'un cirque il va revivre sa jeunesse et les quelques mois où il a travaillé dans le cirque des frères Benzini. Il y fait la rencontre du dur monde du travail dans un cirque et de Marlène, artiste et femme d'Auguste. En plus d'une romance Sara Gruen nous offre un portrait sans concessions de la société de l'époque marquée par la crise. J'ai aimé suivre la vie d'un cirque ferroviaire, même s'il s'agit d'un milieu dur et sans pitié , mais cela tient surtout aux hommes qu'aux circonstances. Oncle Al est un dirigeant de cirque sans scrupules aux méthodes les plus odieuses. Pour ce qui est d'Auguste il ne m'a jamais été sympathique et ce sentiment augmente tout au long de la lecture. 
Il y a également d'autres personnages beaucoup plus sympathiques Jacob, d'abord en petit vieux qui ne veut pas se laisser faire et ensuite en jeune homme, touché par la mort de ses parents, désargenté et désoeuvré, il atterrit par hasard dans le train du cirque et va se trouver une place de soigneur. Il a une véritable empathie pour les animaux mais aussi pour les hommes. Il va s'attirer la sympathie de Walter, un clown nain, de Camel, manutentionnaire, Rosemary, infirmière.
L'univers du cirque apparaît à la fois comme un monde très codifié, (les manuels ne mangent pas avec les artistes, etc...), et sans foi ni loi ("Licenciements expéditifs", retenues sur salaire, mauvais traitements, etc...). Mais la société autour n'a pas l'air vraiment en meilleur état. Ainsi Jacob se retrouve privé de l'héritage parental à cause des banques , (la crise financière déjà). Le chômage touche de façon endémique le monde du cirque , avec Oncle Al comme charognard professionnel, mais aussi les villes que le train traverse.
A un moment le récit revient au point de départ, les premiers chapitres qui nous parlent de "l'évènement", qui d'un coup prends une dimension. J'ai beaucoup aimé la fin, je trouve qu'elle n'aurait pas pu être plus belle.
Sara Gruen a un véritable talent pour faire revivre cette période. J'ai cru assister, assise sur les gradins, au spectacle de Marlène avec les chevaux puis avec Rosie. Et petit plus le roman est agrémenté de photos d'époque et je me suis surprise à chercher dans ces clichés, Jacob, Marlène, Walter, Rosie...
Un film a été tiré de cette histoire, je le regarderai peut être ou peut être pas, de peur d'être déçue.

En résumé: Une très belle découverte, un roman plein de sensibilité.

4ème de couverture:
Durant la Grande Dépression, dans les années 1930, les trains des petits cirques ambulants sillonnent les États-Unis. Jacob Jankowski, orphelin sans le sou, saute à bord de celui des frères Benzini et de leur " plus grand spectacle du monde ". Embauché comme soigneur, il va découvrir l'envers sordide du décor. Tous, hommes et bêtes, sont pareillement exploités, maltraités.

Sara Gruen fait revivre avec un incroyable talent cet univers de paillettes et de misère qui unit Jacob, Marlène la belle écuyère, et Rosie, l'éléphante que nul jusqu'alors n'a pu dresser, dans un improbable trio.

3 commentaires:

  1. J'ai prévu de le lire cette semaine!!! Une très belle découverte pour toi apparemment (je lirai plus en détail après ma lecture!!)

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    1. J'irai lire ton article quand tu le postera

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  2. Je reviens lire ton avis entièrement maintenant que je l'ai fini! Tu décris bien l'univers du cirque et la crise qui l'entoure, je réalise en te lisant qu'elle est très présente dans le roman même si je n'y ai finalement pas prêté trop d'attention. Je te rejoins complètement sur la fin: elle n'aurait pas pu être plus belle! Une belle lecture pour moi aussi!

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